Au-delà de l'Arc-en-ciel


Un jardin en Eden


« L'Éternel-Dieu planta un jardin en Éden,

vers l'orient,

et y plaça l'homme qu'il avait façonné. »

(Genèse 2.8 ~ Traduction du Rabbinat)

Un jardin en Eden

Il y avait un jardin du côté de l'orient.

Mais nul ne saurait dire avec précision où était cet orient.

Il était logique de le placer là-bas, vers le "croissant fertile", dans ces territoires qui furent le berceau de nos civilisations.

Et puis, n'est-il pas fait mention du Tigre et de l'Euphrate parmi les quatre bras du fleuve sortant du jardin ?

« Le troisième fleuve s'appelait Tigre ; il coule à l'orient d'Assour. Le quatrième fleuve c'était l'Euphrate. » (Genèse 2.14 ~ TOB)

Mais, il est plus délicat d'identifier les deux autres cours d'eau. En Genèse 2.11 et 2.13 ils sont nommés Pichon et Guihôn.

Au XIè siècle, Rachi écrivait à ce sujet : "Pichon c’est le Nil, le fleuve de l’Egypte. Il est appelé Pichon (du mot pachou signifiant « se répandre ») parce que ses eaux, par la bénédiction de Dieu, montent et arrosent le sol."

Concernant le Guihôn, la Bible nous dit que c'est lui qui entoure tout le pays de Koush.

Or, dans la Bible, Koush désigne d'ordinaire la Nubie ou l'Ethiopie, situées au sud de l'Egypte ...

On peut difficilement imaginer un fleuve entourant un pays. A moins qu'il ne s'agisse d'une île ?

Auquel cas ce fleuve serait qualifié de mer ou d'océan.

Il est tout aussi difficile de concevoir qu'un même fleuve, sortant de l'Eden, alimente à la fois le Tigre et l'Euphrate, qui ont leurs sources en Turquie, et le Nil dont la source se trouve à des milliers de kilomètres plus au sud en Afrique équatoriale.

Un fleuve qui se divise en quatre bras aussi éloignés les uns des autres, ce n'est pas possible !

A moins que ...

A moins de prendre le problème à l'envers, de l'aval vers l'amont en considérant que ce "fleuve" qui sort de l'Eden pour se diviser en quatre bras n'est autre que la ou les mers dans lesquelles se jettent ces fleuves et qui communiquent en entourant l'Afrique.

Car le terme hébreu "nahar" peut aussi bien désigner un fleuve ou un courant.

Auquel cas nous pourrions lire en Genèse 2.10 : "Un courant (marin) sortait d'Eden pour arroser le jardin, et de là il se divisait en quatre bras (de mer)."

Si l'on considère que le pays de Koush (Ethiopie et Nubie) constituait les limites australes du monde connu à l'époque de la rédaction de la Genèse, que celui-ci était conçu comme entouré d'une étendue d'eau, on peut en déduire que le courant qui sortait d'Eden pour " arroser " le jardin n'est autre que l'ensemble des mers et des océans d'où s'élèvent les nuages qui viennent arroser les continents.

Faut-il en déduire que le jardin d'Eden où l'homme fut placé correspond à l'ensemble des terres émergées ?

Non, puisque la Bible le situe "vers l'orient" ce qui laisse supposer qu'il y avait un occident non humanisé en dehors de ce jardin dédié à l'homme.

Quoi qu'il en soit, les dimensions de ce jardin semblent immenses, ce qui va à l'encontre de la conception d'un espace restreint.

Le concept du jardin en Eden n'est-il pas une allégorie destinée à être comprise par des hommes dont les connaissances géographiques et historiques étaient limitées ?

En fait, cette allégorie reflète une réalité beaucoup plus vaste que ce que l'on peut imaginer au premier abord.

Beaucoup plus vaste par l'étendue, comme exposé ci-dessus, mais aussi par l'histoire que cela nous raconte en quelques versets.

« Dieu plaça l'homme qu'il avait façonné » dans le jardin.

L'humanité, représentée par le personnage d'Adam, dispose d'un immense territoire qui couvre l'Afrique et l'Asie Mineure.

Si l'on retient cette hypothèse, c'est toute l'histoire de l'Homo sapiens qui est ici résumée.

Parmi les plus vieux fossiles d’Homo sapiens connus pourraient figurer huit dents retrouvées dans la grotte de Quessem, à proximité de Tel Aviv, datées de - 400 000 ans. Cette découverte est toutefois controversée.

Moins controversés sont les deux crânes datés de - 195 000 ans, appelés Omo 1 et Omo 2, identifiés en Ethiopie.

Viennent ensuite ceux de l'homme d'Herto, encore appelé Homo sapiens idaltu, datés d'environ - 154 000 ans, en Ethiopie.

Leur succèdent les ossements de Qafzeh (à côté de Nazareth) et Skhul (sur le Mont Carmel) en Israël, qui ont près de 100 000 ans.

L'Homo sapiens est-il originaire d'Israël, ou d'Ethiopie ?

Les scientifiques retiennent plutôt l'Afrique (dans la Bible, le pays de Koush) mais, quoi qu'il en soit, nous demeurons dans l'emprise définie par les "fleuves" du jardin d'Eden.

Où est-il ce jardin où nous aurions pu naître

Où nous aurions pu vivre insouciants et nus ...

Cet extrait d'une chanson de Georges Moustaki est évocateur. Beaucoup se sont posés la même question.

Les premiers humains chassés du jardin en Eden auraient trouvé porte close s'ils s'étaient avisés de vouloir y retourner.

Car Dieu posta « à l’orient du jardin d’Eden les chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le chemin de l’arbre de vie. » (Genèse 3.24)

Depuis, les traces de pas d'Adam et Eve se sont effacées et aucune carte ne saurait nous indiquer où se trouve le jardin paradisiaque, le "Pays des délices".

Mais faut-il une carte pour rétablir le contact avec l'Eternel-Dieu ?

Un jour, un homme proclama :

« Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Evangile selon Jean 14.6)

Alors, suivons notre Guide !


LA GENESE : BERECHIT

Traduction du Rabbinat : 2.4 à 2.25
Telles sont les origines du ciel et de la terre, lorsqu'ils furent créés ; à l'époque où l'Éternel-Dieu fit une terre et un ciel.

Or, aucun produit des champs ne paraissait encore sur la terre, et aucune herbe des champs ne poussait encore ; car l'Éternel-Dieu n'avait pas fait pleuvoir sur la terre, et d'homme, il n'y en avait point pour cultiver la terre.

Mais une exhalaison s'élevait de la terre et humectait toute la surface du sol.

L'Éternel-Dieu façonna l'homme, - poussière détachée du sol, - fit pénétrer dans ses narines un souffle de vie, et l'homme devint un être vivant.

L'Éternel-Dieu planta un jardin en Éden, vers l'orient, et y plaça l'homme qu'il avait façonné.

L'Éternel-Dieu fit surgir du sol toute espèce d'arbres, beaux à voir et propres à la nourriture ; et l'arbre de vie au milieu du jardin, avec l'arbre de la science du bien et du mal.

Un fleuve sortait d'Éden pour arroser le jardin ; de là il se divisait et formait quatre bras.

Le nom du premier : Pichon ; c’est celui qui coule tout autour du pays de Havila, où se trouve l’or.

L’or de ce pays-là est bon ; là aussi le bdellium et la pierre de chôham.

Le nom du deuxième fleuve : Ghihôn; c’est lui qui coule tout autour du pays de Kouch.

Le nom du troisième fleuve : Hiddékel; c’est celui qui coule à l’orient d’Assur ; et le quatrième fleuve était l’Euphrate.

L’Éternel-Dieu prit donc l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le soigner.

L’Éternel-Dieu donna un ordre à l’homme, en disant : " Tous les arbres du jardin, tu peux t’en nourrir ; mais l’arbre de la science du bien et du mal, tu n’en mangeras point : car du jour où tu en mangeras, tu dois mourir ! "

L’Éternel-Dieu dit : " Il n’est pas bon que l’homme soit isolé ; je lui ferai une aide digne de lui. "

L’Éternel-Dieu avait formé de matière terrestre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel. Il les amena devant l’homme pour qu’il avisât à les nommer ; et telle chaque espèce animée serait nommée par l’homme, tel serait son nom.

L’homme imposa des noms à tous les animaux qui paissent, aux oiseaux du ciel, à toutes les bêtes sauvages ; mais pour lui-même, il ne trouva pas de compagne qui lui fût assortie.

L’Éternel-Dieu fit peser une torpeur sur l’Homme, qui s’endormit ; il prit une de ses côtes, et forma un tissu de chair à la place.

L’Éternel-Dieu organisa en une femme la côte qu’il avait prise à l’homme, et il la présenta à l’homme.

Et l’homme dit : " Celle-ci, pour le coup, est un membre extrait de mes membres et une chair de ma chair ; celle-ci sera nommée Icha, parce qu'elle a été prise de Ich. "

C'est pourquoi l'homme abandonne son père et sa mère ; il s'unit à sa femme, et ils deviennent une seule chair.

Or ils étaient tous deux nus, l'homme et sa femme, et ils n'en éprouvaient point de honte.


< < < Retour au sommaire < < < PAGE 34 > > > Page 35 : Une terre en usufruit > > >