Au-delà de l'Arc-en-ciel


Par la foi ...

« Par la foi,

Abel offrit à Dieu un sacrifice meilleur que celui de Caïn.

Grâce à elle, il reçut le témoignage qu'il était juste ... »

(Hébreux 11.4 ~ Traduction œcuménique de la Bible)

L'aube de la foi ...


L'évocation des offrandes de Caïn et Abel en Genèse 4 ne précise pas explicitement pourquoi Dieu a préféré l'offrande d'Abel.

« Caïn fit à l’Eternel une offrande des fruits de la terre ; et Abel, de son côté, en fit une des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse.

L’Eternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande ; mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande. »

L'épître aux Hébreux considère que la foi fut déterminante.

Abel était berger et Caïn laboureur. Pourquoi Dieu préférerait-il un éleveur à un cultivateur ?

Concernant celui-ci, il est écrit qu'il fit simplement une offrande de sa récolte.

Par contre Abel choisit les premiers-nés, ou les prémices de son troupeau.

Abel n'a pas attendu d'avoir de nombreux animaux pour les offrir à Dieu : il a choisi les premiers, pensant d'abord à Dieu avant de songer à son élevage.

Pour sa part, Abel aurait pu proclamer comme le psalmiste :

« L'Eternel est mon berger, je ne manquerai de rien. » (Psaume 23.1)

C'est notamment ainsi que l'on discerne sa foi.

Pourquoi Caïn n'a-t-il pas eu cette juste appréciation de la situation qui l'aurait conduit à offrir les prémices de sa récolte à Dieu ?

Peut-être du fait de sa naissance et de l'image de soi que sa mère lui a transmis en proclamant : « J'ai acquis un homme avec YHVH. » (Genèse 4.1)

L'étude de ce verset de la Genèse (page précédente) nous indique qu'Eve a pu vouloir donner à son premier-né la dimension d'un "demi-Dieu".

Ce premier-né n'a-t-il pas ensuite développé des prétentions, l'orgueil d'un aîné qui croit pouvoir détrôner le Père ?

De ce fait, l'hommage qu'il rend à son Créateur au travers de son offrande est médiocre, presque méprisant : loin des honneurs auxquels notre Créateur a droit !

La foi envers Dieu est absente de cette offrande.

L'offrande des premiers-nés, dans la Bible, symbolise "la part" de Dieu.

Cette institution sera codifiée par la suite notamment au travers du rôle assigné aux Lévites :

« Voici, j’ai pris les Lévites du milieu des enfants d’Israël, à la place de tous les premiers-nés, des premiers-nés des enfants d’Israël ; et les Lévites m’appartiendront. » (Nombres 3.12)

De ce fait, les Lévites n'auront pas de terre lors de la répartition entre les différentes familles car ils seront mis à part pour le service religieux.

« J’ai donné les Lévites entièrement à Aaron et à ses fils, du milieu des enfants d’Israël, pour qu’ils fassent le service des enfants d’Israël dans la tente d’assignation, pour qu’ils fassent l’expiation pour les enfants d’Israël, et pour que les enfants d’Israël ne soient frappés d’aucune plaie, en s’approchant du sanctuaire. » (Nombres 8.19)

En substituant les Lévites aux premiers-nés d’Israël, Dieu les a mis à part du reste du peuple pour réaliser les sacrifices jugés nécessaires à l'expiation des péchés.

Ce principe a fonctionné pendant plus d'un millénaire jusqu'à l'arrivée de celui qui allait se substituer à tous les premiers-nés du fait de son statut de Fils unique.

« Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. » (Jean 3.16)

Le sacrifice de Jésus a mis un terme aux pratiques ancestrales dont la première manifestation est celle de l'offrande d'Abel.

Abel, par la foi qui l'animait, pouvait-il pressentir que son choix lui vaudrait d'être justifié ?

Peut-être ... même si les œuvres accomplies par la foi n'ont pas pour but de nous justifier.

Elles sont le fruit de l'inspiration de l'Esprit Saint qui demeure en celui qui a su lui ouvrir son cœur.

Ces œuvres sont "gratuites" au sens où leur auteur n'attend rien en retour.

Car si nous recherchons une quelconque rétribution, il ne s'agit plus du fruit de l'Esprit mais d'un calcul tout à fait terre à terre.

C'est pourquoi il est écrit :

« Aimez vos ennemis, faites du bien, et prêtez sans rien espérer. Et votre récompense sera grande, et vous serez fils du Très-Haut ... » (Luc 6.35)


LA GENESE : Caïn et Abel

Traduction œcuménique de la Bible :

4.1 à 4.26

L'homme connut Eve sa femme. Elle devint enceinte, enfanta Caïn et dit :
" J'ai procréé un homme, avec le SEIGNEUR. "

Elle enfanta encore son frère Abel. Abel faisait paître les moutons, Caïn cultivait le sol. A la fin de la saison, Caïn apporta au SEIGNEUR une offrande de fruits de la terre ; Abel apporta lui aussi des prémices de ses bêtes et leur graisse.

Le SEIGNEUR tourna son regard vers Abel et son offrande, mais il détourna son regard de Caïn et de son offrande. Caïn en fut très irrité et son visage fut abattu.

Le SEIGNEUR dit à Caïn : " Pourquoi t'irrites-tu ? Et pourquoi ton visage est-il abattu ? Si tu n'agis pas bien, le péché, tapi à ta porte, te désire. Mais toi, domine-le. "

Caïn parla à son frère Abel et, lorsqu'ils furent aux champs, Caïn attaqua son frère Abel et le tua. Le SEIGNEUR dit à Caïn : " Où est ton frère Abel ? "

- " Je ne sais, répondit-il. Suis-je le gardien de mon frère ? "

- " Qu'as-tu fait ? reprit-il. La voix du sang de ton frère crie du sol vers moi. Tu es maintenant maudit du sol qui a ouvert la bouche pour recueillir de ta main le sang de ton frère. Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus de sa force. Tu seras errant et vagabond sur la terre. "

Caïn dit au SEIGNEUR : " Ma faute est trop lourde à porter. Si tu me chasses aujourd'hui de l'étendue de ce sol, je serai caché à ta face, je serai errant et vagabond sur la terre, et quiconque me trouvera me tuera. "

Le SEIGNEUR lui dit : " Eh bien ! Si l'on tue Caïn, il sera vengé sept fois. "

Le SEIGNEUR mit un signe sur Caïn pour que personne en le rencontrant ne le frappe. Caïn s'éloigna de la présence du SEIGNEUR et habita dans le pays de Nod à l'orient d'Eden.

Caïn connut sa femme, elle devint enceinte et enfanta Hénok. Caïn se mit à construire une ville et appela la ville du nom de son fils Hénok.

Irad naquit à Hénok et Irad engendra Mehouyaël ; Mehiyyaël engendra Metoushaël et Metoushaël engendra Lamek.

Lamek prit deux femmes ; l'une s'appelait Ada et l'autre Cilla. Ada enfanta Yabal ; ce fut lui le père de ceux qui habitent des tentes avec des troupeaux. Son frère s'appelait Youbal ; ce fut lui le père de tous ceux qui jouent de la cithare et du chalumeau.

Cilla, quant à elle, enfanta Toubal-Caïn qui éguisait tout soc de bronze et ; la sœur de Toubal-Caïn était Naama.

Lamek dit à ses femmes : " Ada et Cilla, écoutez ma voix ! Femmes de Lamek, tendez l'oreille à mon dire ! Oui, j'ai tué un homme pour une blessure, un enfant pour une meurtrissure. Oui, Caïn sera vengé sept fois, mais Lamek soixante-dix-sept fois. "

Adam connut encore sa femme, elle enfanta un fils et le nomma Seth, car
" Dieu m'a suscité une autre descendance à la place d'Abel, puisque Caïn l'a tué. "

A Seth, lui aussi, naquit un fils qu'il appella du nom d'Enosh. On commença dès lors à invoquer Dieu sous le nom de SEIGNEUR.


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